Les élections européennes et l’abstention

Données et avis sur l’abstention aux européennes.

Etat des lieux

Le graphique qui suit (source statistica) montre que la participation aux élections européenne a toujours été faible, dans toute l’Europe.

La tendance est identique en France. Voici les chiffres de la dernière consultation en 2014 avec 41% de bulletins exprimés. (source Wikipedia)

Prochaine consultation

La prochaine consultation du 26 mai 2019 proposera des listes nationales au lieu de listes locales des élections précédentes.

Ce changement pourrait augmenter le niveau de participation, car une visibilité nationale des candidats inciterait à voter. Cependant, le rejet des partis, exprimé si fortement par la révolte de Gilets jaunes, pourrait renforcer l’abstention, d’autant que la participation aux européennes est en déclin continu depuis 40 ans.

Sondages

Comme d’habitude, les sondages égrènent la campagne électorale, mais il est rare de trouver des chiffres sur les intentions de vote.

Le sondage ELABE de janvier 2019 est l’une de ces exceptions. Il indique 30% d’intentions de vote fermes (« tout à fait certain d’aller voter »). On voit alors qu’aucune liste ne dépasse 7% des suffrages exprimés.


Un graphique est peut-être plus parlant 

Abstention et vote blanc

Il est légitime de cumuler l’abstention et le vote blanc pour mesurer l’ampleur du « non choix », cependant il ne faut pas les confondre .

Le vote blanc valide l’objet du scrutin car il n’exprime que l’embarras à choisir une liste, sans remettre en cause l’objet du vote (garnir le parlement de l’UE avec des délégués).

L’abstention résulte : 

  • d’une difficulté d’ordre pratique
  • d’un simple embarras, non exprimé (à quoi bon voter blanc si ce n’est pas pris en compte ?). 
  • d’une indifférence ou d’un rejet, questionnant l’objet du scrutin lui même

Cette distinction milite pour la prise en compte du vote blanc ET de l’abstention. (La prise en compte du vote blanc avec vote obligatoire masquerait cette distinction et serait inutilement contraignante).

Abstention et « jeu » électoral

Nombre d’électeurs enclins à l’abstention ou au vote blanc, s’obligent cependant à choisir une liste pour « faire barrage » à une autre liste réputée pire. C’est le vote « castor », vu plusieurs fois aux présidentielles pour Le Pen, sauf qu’il visera Macron.

Pour ceux là, l’abstention ferait le « jeu » de Macron.

Abstention et partis politiques

Nombre de partis se déclarent hostiles à l’UE, mais peu prônent l’abstention. Le PARDEM et le PRCF sont les mieux connus.

Les autres présentent leur propre liste, prétendant vouloir changer l’UE (cas de la FI) ou la quitter directement (cas de l’UPR) s’ils venaient au pouvoir en France, mais aucun d’eux ne prétend changer l’UE via son parlement.

Mon choix

Je choisirai l’abstention pour plusieurs raisons. 

Je pense que l’UE est une construction toxique non réformable, que le parlement de Bruxelles n’a pas de réel pouvoir et que les lieux de pouvoir sont la BCE, la commission, le conseil, la CJE et autre organismes créés dans le cadre constitutionnel du TCE, ou hors cadre (troïka…), tout cela sans contrôle des peuples ni transparence.

J’ai écarté le vote blanc, considérant que cela apporterait une caution à ce système odieux, que la bataille à mener est la reconquête de notre souveraineté, et qu’elle se mène contre Macron en France.

Comme pour la présidentielle, j’ai écarté le vote castor, car je crois qu’un vote doit exprimer une intime conviction et non un calcul : chacun fait son choix et c’est le nombre qui décide. Je ne crains pas de faire le jeu de Macron, car j’ai l’impression au contraire de ne pas rentrer dans son jeu en refusant de cautionner une élection inepte et truquée. Je ne crains pas de lui « laisser » l’UE car elle appartient déjà à son camp. Je ne crains pas qu’il puisse tirer une légitimité crédible avec seulement 7% des inscrits.

J’ai considéré un instant le vote UPR à cause du marqueur Frexit qui lui est associé. Cependant j’ai trop de doutes et de désaccords avec ce parti pour le cautionner, notamment sur la sortie de l’UE par l’article 50. Par ailleurs, je trouve paradoxal de participer à un système que l’on veut quitter.  J’admets que la campagne électorale soit un moyen d’être entendu, mais je crois que l’on peut faire de la politique autrement que par les institutions, comme les Gilets jaunes l’ont démontré.

Je rejoindrai donc le camp des abstentionnistes, qui est le camp majoritaire dans toute l’Europe depuis maintenant 20 ans.

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