Lettre de 500 scientifiques sur le climat

Lettre de 500 scientifiques sur le climat, adressée aux nations unies le 23 septembre 2019

Texte original avec liste des signataires

Traduction française :

IL N’Y A PAS D’URGENCE CLIMATIQUE

Un réseau mondial de 500 scientifiques et professionnels a préparé ce message urgent. La science du climat devrait être moins politique, alors que les politiques climatiques devraient être plus scientifiques. Les scientifiques devraient aborder ouvertement les incertitudes et les exagérations dans leurs prévisions du réchauffement planétaire, tandis que les politiciens devraient comptabiliser sans passion les avantages réels ainsi que les coûts imaginaires de l’adaptation au réchauffement planétaire, ainsi que les coûts réels et les avantages imaginaires de l’atténuation.

Des facteurs naturels et anthropiques provoquent le réchauffement

Les archives géologiques révèlent que le climat de la Terre a varié depuis que la planète existe, avec des phases naturelles froides et chaudes. Le petit âge glaciaire a pris fin en 1850. Il n’est donc pas surprenant que nous vivions actuellement une période de réchauffement.

Le réchauffement est beaucoup plus lent que prévu

Le monde s’est réchauffé à un rythme moins de la moitié du taux initialement prévu et moins de la moitié du taux escompté sur la base du forçage anthropique net et du déséquilibre radiatif. Cela nous dit que nous sommes loin de comprendre le changement climatique.

La politique climatique s’appuie sur des modèles inadéquats

Les modèles climatiques présentent de nombreuses lacunes et ne sont pas très plausibles en tant qu’outils politiques. De plus, ils exagèrent probablement les effets des gaz à effet de serre tels que le CO2. En outre, ils ignorent le fait qu’enrichir l’atmosphère en CO2 est bénéfique.

Le CO2 est un aliment végétal, la base de toute vie sur Terre

Le CO2 n’est pas un polluant. C’est essentiel à toute vie sur Terre. La photosynthèse est une bénédiction. Plus de CO2 est bénéfique pour la nature, en rendant la Terre plus verte: un CO2 supplémentaire dans l’air a favorisé la croissance de la biomasse végétale mondiale. C’est également bon pour l’agriculture, en augmentant les rendements des cultures dans le monde entier.

Le réchauffement climatique n’a pas augmenté les catastrophes naturelles

Il n’existe aucune statistique indiquant que le réchauffement climatique intensifie les ouragans, les inondations, les sécheresses et autres catastrophes naturelles analogues, ou les rend plus fréquentes. Cependant, les mesures d’atténuation du CO2 sont aussi dommageables que coûteuses. Par exemple, les éoliennes tuent les oiseaux et les insectes et les plantations d’huile de palme détruisent la biodiversité des forêts tropicales.

La politique climatique doit respecter les réalités scientifiques et économiques

Il n’y a pas d’urgence climatique. Par conséquent, il n’y a aucune raison de panique et d’alarme. Nous nous opposons fermement à la politique néfaste et irréaliste visant à réduire les émissions nettes de CO2 proposée pour 2050. Si de meilleures approches apparaissent, nous aurons amplement le temps de réfléchir et de nous adapter. L’objectif de la politique internationale devrait être de fournir une énergie fiable et abordable en tout temps et dans le monde entier.

Notre message aux dirigeants politiques est que la science devrait travailler à avoir une bien meilleure compréhension du climat, alors que la politique devrait se concentrer sur la minimisation des dommages climatiques potentiels en hiérarchisant les stratégies d’adaptation sur la base de technologies prouvées et abordables.

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8 réflexions sur « Lettre de 500 scientifiques sur le climat »

  1. Avant de publier cet appel, il aurait été sage de chercher qui se cache derrière ?
    L’affaire du médiator démontre que parfois les experts, donc les scientifiques qui siègent dans les agences chargées d’évaluer les médicaments peuvent être en conflit d’intérêt.

    1. La liste des signataires figure dans le document d’origine via le lien fourni en tête de l’article.

      Oui, le monde scientifique n’est pas toujours étranger au débat politique, pour des raisons honorables ou vénales, suivant les individus. Cette observation vaut pour les signataires de cette lettre, mais elle vaut aussi pour les partisans du camp opposé (GIEC etc.) dont les financements de recherche dépendent d’institutions gouvernementales qui supportent ce camp, ce qui constitue un conflit d’intérêt avéré.

      1. je suis preneur d’informations sur ce point, mais une première vérification montre qu’il y a dans cette liste de 500 un quorum de scientifiques plutôt « galonnés » dont certains ont pris des positions publiques sur ce sujet, parfois depuis longtemps.

  2. Je voulais dire précisément : qui se cache derrière cette liste de signataires ? Y aurait-il d’éventuels lobbys ?
    Nier le réchauffement climatique, c’est refuser de voir la vérité en face : depuis quelques années, chaque été nous battons des records de température avec les conséquences que l’on connaît. C’est du concret dans nos campagnes.
    Que le GIEC soit financé par des crédits publics est une bonne chose. C’est le rôle de la recherche publique qui doit être indépendante des intérêts privés.
    On trouvera toujours des scientifiques que les lobbys manipulent pour se servir de leur notoriété publique pour affirmer la non dangerosité des pesticides, du glyphosate, des nitrates dans l’eau, etc…
    Donc j’aimerai en savoir plus sur d’où est parti cette liste et qui en est à l’initiative ?

    1. Concernant le QUI : la liste des signataires figure dans le document d’origine via le lien fourni en tête de l’article. On y trouve le nom et la qualité de chaque signataire. Je crois malheureusement qu’il faille examiner au cas par cas pour trouver les lobbies cachés. Par contre, je ne doute pas qu’on puisse trouver un lobby caché derrière certains noms (par exemple un lobby pétrolier) , mais cette problématique vaut aussi pour le camp des alarmistes (par exemple un lobby de « greenwashing »). Cette approche de la question est assez politique, et je trouve plus intéressant de chercher à évaluer le consensus scientifique autour des travaux du GIEC.

      Voilà par exemple le résultat de l’étude menée en 2013 par le journal Environmental Research Letters.
      https://iopscience.iop.org/article/10.1088/1748-9326/8/2/024024/pdf

      11 944 articles scientifiques publiés entre 1991 et 2011 qui mentionnent « global climate change » ou « global warming » dans leur « abstract » ont été classées d’après leur position apparente sur le réchauffement climatique d’origine humaine (anthropogenic global warming AGW) 

      Il en ressort que seulement 37 % approuvent le réchauffement climatique d’origine humaine (AWG), avec une tendance à la baisse sur les dernières années tandis que 1% expriment un désaccord. Cependant ces deux chiffres augmentent (respectivement 63% et 2%) lorsque l’on demande aux auteurs de classer eux-mêmes leur article et que ceux ci répondent.

      Ma conclusion est que, avec une fourchette d’adhésion scientifique comprise entre 40% et 60%, il est abusif de parler de consensus autour des travaux du GIEC.

      Le financement par des crédits publics est une bonne chose, dès lors que les pourvoyeurs de fonds sont indépendants des intérêts particuliers. On sait bien que ce n’est pas vrai, à commencer en France avec Macron.

  3. C’est faux d’affirmer que le CO2 n’est pas un polluant ! Qu’on s’enferme dans une pièce avec un moteur thermique en marche, on verra le résultat !
    Le CO2 existe à l’état naturel dans l’atmosphère, mais dans des proportions équilibrées, sinon ça devient un problème.
    Oui le CO2 est nécessaire à la photosynthèse des plantes. Mais affirmer qu’il augmente le rendement des plantes est faux.
    C’est bizarre, ce texte ne fait pas du tout référence à la destruction de la forêt amazonienne, le poumon de la planète ?

    1. Il est vrai que si l’atmosphère était composée à 100% de CO2 nous serions tous morts. Il en irait de même si l’atmosphère était composée à 100% d’eau ou 100% d’oxygène ou de n’importe quoi d’autre; en fait, on peut multiplier les exemples et conclure à juste titre que la toxicité est une notion bien délicate.

      Heureusement le CO2 ne représente que quelques % de l’atmosphère, et le sujet climatique porte sur les conséquences d’un doublement de ces quelques %.

      Il n’en reste pas moins que le CO2 joue un rôle fondamental dans le cycle de vie des plantes (et donc des espèces vivantes) et que c’est bel et bien un aliment pour le monde végétal ; du CO2 est insufflé dans les serres pour que les plantes croissent mieux et plus vite.

      Je pense que ce rappel est pertinent et même essentiel , façe à un déluge d’absurdités telles que celles ci parue dans la revue Nation, le plus vieil hebdomadaire aux États-Unis :
      Juan Cole (18 avril 2017) : cet autre gaz toxique qui tue des Syriens : les émissions de dioxyde de carbone.

  4. Directeur de recherches en écologie marine et auteur d’un ouvrage qui vient d’être publié (Cataclysme ou transition ? L’écologie au pied du mur – Collection Cité), François Gerlotto me demande de publier sa critique de la « Lettre des 500 scientifiques » :

    Je ne sais pas qui a écrit ce texte, mais il me paraît surréaliste à bien des égards, et certains des arguments sont tout simplement écologiquement absurdes. J’en analyserai deux, pour expliquer mon propos.
    « Le CO2 est un aliment végétal, la base de toute vie sur Terre
    Le CO2 n’est pas un polluant. C’est essentiel à toute vie sur Terre. La photosynthèse est une bénédiction. Plus de CO2 est bénéfique pour la nature, en rendant la Terre plus verte : un CO2 supplémentaire dans l’air a favorisé la croissance de la biomasse végétale mondiale. C’est également bon pour l’agriculture, en augmentant les rendements des cultures dans le monde entier. »
    Que le CO2 soit un « aliment végétal » (de la même manière que l’eau), même si biologiquement c’est faux, je veux bien l’admettre : la photosynthèse l’utilise pour fabriquer des molécules biochimiques sur lesquelles se fonde la vie et l’écosystème.
    Pourquoi est-ce faux ? Parce qu’un aliment sert à fournir de l’énergie, par catabolisme des molécules « énergétiques ». Or l’eau et le CO2 sont les produits finaux de la combustion des molécules dont je viens de parler, ils ne transportent aucune énergie biochimique utilisable. Le sucre, le glucose par exemple (C6H12O6), qui est à la base du transfert d’énergie dans la chaîne alimentaire, est un aliment. Il est formé à partir de la combinaison de 6 molécules de CO2 et 6 molécules d’eau (H2O) :
    Par anabolisme, les plantes fabriquent du sucre avec l’énergie solaire :
    6 CO2 + 6 H2O (+ énergie) => C6H12O6 +6 O2 c’est la photosynthèse, elle produit du sucre et de l’oxygène à partir d’eau et de gaz carbonique.
    Puis par catabolisme, le sucre fournit cette énergie à la biosphère :
    C6H12O6 + 6 O2 => 6 CO2 + 6 H2O (+ énergie) c’est la combustion alimentaire, elle utilise l’oxygène pour brûler le sucre, et produit du CO2 et de l’eau.

    Mais passons. Ce qui est inacceptable, c’est de laisser croire que plus on a de CO2 dans l’atmosphère, meilleur c’est pour la vie ! Il s’agit là d’une incompréhension totale de ce qu’est un équilibre biologique. C’est un peu comme si l’on pensait qu’en prenant deux fois plus d’antibiotique que ce que prescrit le médecin, on serait guéri deux fois plus vite. L’écosystème actuel s’est construit sur des proportions très précises, et la vie végétale de notre époque géologique fonctionne avec 0,4 % de CO2 dans l’atmosphère (au maximum). Lui en fournir plus risque d’en gravement perturber tous les cycles. Avec les mêmes principes, nous pourrions dire que si nous vivions dans une atmosphère contenant 30 % d’oxygène au lieu de 21, nous respirerions mieux. C’est complètement faux, nous mourrions par hyperoxie.
    Il est vrai qu’en conditions contrôlées (dans des serres par exemple), la croissance des végétaux est accélérée avec des taux de CO2 supérieurs ; mais transposer une expérience de laboratoire où les paramètres ont été simplifiés à l’extrême à un écosystème entier n’a aucun sens. Cette affirmation est non seulement fausse, elle est très dangereuse.

    Le réchauffement climatique n’a pas augmenté les catastrophes naturelles
    Il n’existe aucune statistique indiquant que le réchauffement climatique intensifie les ouragans, les inondations, les sécheresses et autres catastrophes naturelles analogues, ou les rend plus fréquentes. Cependant, les mesures d’atténuation du CO2 sont aussi dommageables que coûteuses. Par exemple, les éoliennes tuent les oiseaux et les insectes et les plantations d’huile de palme détruisent la biodiversité des forêts tropicales.
    Ici, autre erreur énorme, mais d’un point de vue statistique. On confond un évènement, un cyclone par exemple, ou une canicule, dont en effet il est impossible statistiquement de prouver qu’il est dû au réchauffement climatique, avec une série. Si vous jouez à pile ou face, la probabilité d’avoir l’un des deux évènements est de ½. Si vous avez obtenu 10 « pile » de suite, vous avez réalisé une séquence dont la probabilité est de 1/1024, donc hautement improbable. On ne peut rien dire sur un coup de pile ou face ; mais on peut dire après une telle séquence que la pièce est très probablement truquée. C’est la même chose pour les évènements climatiques. En 2000, faute de série, il était impossible de dire qu’une canicule (celle de 2003 par exemple) était due au réchauffement. En 2019, après une série de 20 ans dans laquelle le nombre de températures estivales anormalement chaudes est statistiquement supérieur à ce qu’il devrait être, il est possible d’affirmer que le réchauffement est en cours.
    Incidemment dans cet exemple, je ne comprends pas ce que vient faire la production d’huile de palme comme « mesure d’atténuation » du CO2.
    Je n’irai pas plus loin dans mon analyse, cela me suffit largement pour déclarer que cette série d’arguments est complètement absurde, et que mes collègues scientifiques (combien d’entre eux sont-ils écologues ?) se sont gravement fourvoyés en écrivant cette lettre. Je regrette infiniment que le CNSJS l’ait entérinée.

    François Gerlotto

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