la Côte d’azur, petit laboratoire néolibéral

Le long de la côte méditerranéenne, de Menton à Bandol, les territoires se succèdent et présentent des formes d’organisation similaires.

Le littoral et les collines qui bordent le rivage sont couverts d’immeubles et villas de luxe appartenant à la bourgeoisie internationale et aux acteurs économiques locaux les plus puissants.

A l’arrière plan, les classes moyennes et populaires occupent les quartiers standardisés et les villes dortoirs qui se sont développés au cours des dernières décennies.

Sur les contreforts des Alpes, des territoires se sont organisés selon le même processus : la bourgeoisie originaire des métropoles françaises ou d’Europe du Nord a accaparé l’espace le plus attractif pour y construire ses lieux de villégiature et la population locale occupe les zones en contrebas ou les centres anciens exigus.

La réorganisation de la région depuis les années cinquante a provoqué la disparition de l’industrie locale et de l’agriculture vivrière, remplacées par les activités de service dédiées aux nouveaux propriétaires des lieux et aux touristes.

Les apports de  capitaux qui irriguent et contrôlent l’économie local proviennent d’origine diverses  mais transitent le plus souvent par Monaco , les domaines et villas les plus prestigieux de la côte d’Azur et de son arrière pays appartiennent à  des sociétés domiciliées dans ce paradis fiscal.

L’organisation politique présente la même uniformité que l’organisation territoriale, les partis de droite libéraux produisent par cooptation des élus entièrement dévoués à la cause de l’immobilier, de l’hôtellerie, des maisons de retraite et des services financiers opaques.

Les pouvoirs publics favorisent  donc la transformation de la région par le financement des infrastructures de transport et de la viabilisation des terres au mépris de toute réflexion d’ensemble ou de projection à moyen terme.

Les signes de l’aberration de notre mode de développement apparaissent de manière de plus en plus flagrante, et pourtant nous continuons à accepter, voire à souhaiter, la réhabilitation des immeubles anciens des centres villes du littoral en appartements air b n b, la déforestation pour créer des golfs, des lotissements de luxe ou des bureaux vides au détriment de nos moyens d’existence et de notre qualité de vie.

Nous sommes réduits à subir la hausse du prix des logements, le coût et les nuisances des transports, la destruction de la beauté de nos espaces naturels en échange de métiers de service peu payés et soumis aux aléas de la demande touristique ou aux caprices de nos hôtes fortunés.

En deux générations,  le développement de notre région a engendré une société atomisée et docile, incapable d’organisation collective autonome, et la frustration qui découle de cette situation s’exprime par le repli dans un hédonisme factice pour les plus aisés et le communautarisme pour les plus démunis.

Les orientations et mesures imposées à la France par E.Macron n’ont d’autre finalité que de la transformer en une grande Côte d’Azur.

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