Entrevue avec Gilles Casanova

Nous poursuivons la publication des réponses à notre questionnaire. Aujourd’hui, Gilles Casanova, conseiller en stratégie. On peut retrouver ses interventions sur RT-France. Il a participé à l’université de « Républicaine Souveraine à l’automne 2019.

1. Comment apprécies-tu l’état dans lequel se trouve la République, son évolution depuis deux années de pouvoir macronien notamment sur les plans politique, social, démocratique ?

La régression est absolument dans tous les domaines, sans aucune exception. En tout. C’est le choix de la lutte des classes telle que Guizot l’avait conçue qui est fait.

2. Quelle analyse fais-tu du mouvement de grève qui vient d’agiter la France ? Comment apprécies-tu la mobilisation comme celle des GJ ?

Plusieurs livres sont sortis sur l’analyse des Gilets jaunes, il est difficile de répondre en quelques lignes, mais je pense que cela est comparable aux mouvements de révolte que la France a connus de 1740 à 1780. Le mouvement gréviste actuel il est le plus long que la France ait connu depuis la Libération. Il est la réponse des catégories salariés à cette politique de lutte de classes impitoyable.

3. Quel est à ton avis le point de départ de la crise républicaine ? Hollande, Sarkozy, etc. ? Comment expliques-tu que l’alternance n’a rien changé et que la situation s’est toujours aggravée ?

C’est dans le traité de Rome, disait Pierre Mendès France qui avait refusé de le voter, qu’est le cœur de cette crise, on peut penser avec le temps qu’il avait été visionnaire.

4. Quelles sont les mesures indispensables qui devraient être prises demain dans le cadre d’un changement de pouvoir ?

Réinstaller le cœur du pouvoir en France, c’est-à-dire faire retour à la démocratie et à la République en rétablissant la souveraineté de la France, cela ne demande pas de quitter l’Union européenne dont la France et fondatrice, mais simplement d’agir selon les décisions du peuple français, cette Union européenne prendra les décisions qu’elle souhaite… Mais elle ne peut pas vivre sans la France.

5. Comment sauver ce qui peut l’être et rétablir ce qui doit l’être, tant sur le plan social que démocratique, qui fonde la république sociale ?

Il faudra probablement abroger la plupart des dispositions votées par l’assemblée de perroquets dits « société civile » élus par 10,89 % des Français en âge de voter. Mais la tâche de modernisation du pays est immense, car l’héritage du Conseil national de la Résistance n’a pas été mise à jour en fonction des évolutions du monde, par des gouvernants qui avaient bien en tête qu’ainsi ils pourraient un jour s’en débarrasser.

6. Serais-tu partisan de t’engager dans l’organisation d’« États généraux de la République » nationalement et localement pour faire le point et prendre les décisions qui permettraient d’agir ensemble, tout en permettant à chacun de garder ses spécificités ?

Toutes les initiatives sont bonnes à partir du moment où elles peuvent atteindre la taille critique qui permet de ne pas donner le sentiment que quelques groupuscules font « leur petite politique sur leur petit réchaud » mais qu’il s’agit bien de répondre aux attentes du peuple.

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